10 trucs pour changer sereinement la couche de son bambin

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Changer la couche d’un bébé, quel bonheur, quelle joie, quel moment de complicité ! Les odeurs, on s’en fiche, c’est notre bébé, la prunelle de nos yeux…

Puis la prunelle grandit. La prunelle ne trouve plus forcément très rigolo d’être allongée pendant que nous faisons gouzougouzou oh le caca *bisous sur les piépieds*. Vient parfois un âge où la prunelle décide que les gouzougouzou et les bisous sur les piépieds, c’est has been, et que les roulés-boulés et les coups de piépieds dans le nez, c’est fun. Accompagnés de hurlements porteurs d’un message ressemblant à tu es en train de me traumatiser là Maman en portant atteinte à mon intégrité physique, c’est encore plus amazing.

J’ai toujours adoré changer les couches de mes bébés. Jusqu’à ce que mes bébés n’adorent plus cela. J’ai testé plusieurs techniques pour rendre le moment plus serein pour tous… Je vous livre le fruit de mon expérience dans ce nouvel article.

 

1. Avoir une routine

La routine, c’est ce truc qu’on t’enjoint à combattre pour ton épanouissement personnel, quand tu es jeune, dynamique et dans le vent… Et tout à coup, tu es parent, et on t’explique que ton enfant a besoin d’une routine, sans quoi il va devenir dépressif chronique.

En tant que parent, il faut donc oublier ses cheveux dans le vent, et avoir une routine. Schématiquement, cela signifie qu’il faut éduquer son enfant pour qu’il fasse caca et pipi aux bons moments. Le changement de couche se fera ainsi toujours à la même heure, dans le même lieu, selon les mêmes modalités, les mêmes rituels (chansonnette accompagnante adaptée, par exemple). C’est le principe de la routine : c’est toujours pareil. Un enfant ne questionne pas l’autorité du c’est toujours pareil. C’est très sécurisant et c’est uniquement ainsi qu’un enfant peut vraiment s’épanouir.

C’est le même principe qui le fera manger, dormir et se lever tous les jours à la même heure. Si si, je vous jure !

Bien sûr, un enfant va tout faire pour tester les limites. Il VA faire pipi et caca à d’autres moments que ceux de la routine. C’est à vous de ne pas être laxiste et de faire respecter le cadre. Il en va du bien-être de votre enfant. Ne vous fiez pas à ses réactions ni à l’intensité de ses morsures de protestation. La dépression chronique, ça fait des ravages.

Sinon, pour tous les parents à qui il manque l’expression neuronale de la routine dans le cerveau, j’ai listé neuf autres méthodes de substitution ci-dessous.

changement de couche

 

2. Être présent à ce qui est

Parfois, pris dans le cours effréné de la vie, on oublie d’être vraiment présent à ce qui est. Ce qui est ? Votre bambin répand des effluves peu ragoutantes partout sur son passage, il hurle à la mort car il ne souhaite pas être changé, les autres parents vous regardent… Soyez présent à cela. Soyez là, vraiment là, entièrement présent. Votre inconfort est un message, accueillez-le avec bienveillance, il a quelque chose à vous dire, c’est une blessure du passé qui remonte.

Mettez-vous à la hauteur de votre enfant, regardez le. Mettez-vous à sa place. Connectez-vous avec lui. Soyez là. Pas sur votre smartphone en train d’essayer de vous échapper mentalement de l’inconfort actuel en vérifiant vos notifications pour vous donner l’illusion que quelque part, dans l’internet, vous êtes quelqu’un de cool et que ça sent bon. Pas à réfléchir à toute vitesse à la manière dont vous pourriez peut-être camoufler l’odeur, oui mais alors l’érythème fessier, c’est un signe de négligence parentale ça, et puis d’ailleurs qu’est-ce que vous allez faire à manger ce soir, des pâtes à la sauce tomate comme hier c’est pas mal, non ? …

Non, soyez présent. Votre enfant a besoin de votre présence pour se sentir connecté à vous.

Normalement, grâce à votre présence vraie, il se sentira accepté inconditionnellement et il ira s’allonger sur la table à langer en chantonnant. Si ça ne fonctionne pas, c’est que vous n’êtes pas assez spirituel. Continuez de travailler sur vous. Dépêchez-vous, quand même, parce que l’érythème fessier… Soit dit en passant, il aurait été de bon ton de faire ce travail sur vous-même AVANT de procréer… A part ça, oui, les pâtes à la tomate, c’est très bien, tant qu’elles sont sans gluten et que vous y ajoutez du tofu fumé pour les protéines (le tofu, c’est spirituel, contrairement au gluten).

 

3. La distraction

Si le moment présent vous est trop abscons, optez pour une autre tactique : le distraire. Si besoin, n’hésitez pas à lui changer la couche debout, sans l’interrompre dans son jeu.

Par exemple, pendant qu’il joue à se passer des coups de fils à lui-même avec la calculatrice, entrez dans son jeu :

– Allo, comment ça va ?
– Ah bon ? Où s’ké-t-il ?
– Bonne question…
– T’as pas pris le chmilère.
– Effectivement, j’ai oublié le chmilère…
– Non ! C’est pas pour toi ! C’est pour kèkè le ripu !

Et ni vu ni connu, changez-lui la couche vite fait en conversant de manière constructive et éducative, tout en esquivant les coups de calculatrice, le cas échéant. Ça demande un peu de pratique, mais c’est jouable. Pas sur la moquette, ceci dit.

 

4. Le minuteur

Si vous êtes entrés dans un rapport de force, que vous sentez de la résistance en vous, et que vos principes de bienveillance commencent à vaciller, un bon moyen de briser le cercle vicieux du c’est-moi-qui-commande, c’est de faire entrer un agent neutre dans l’interaction : le minuteur. « On change la couche quand ça sonne ». Chez certains enfants, ça marche du tonnerre. Chez d’autres, vous ne faites qu’encourir le risque de décuplement des décibels. À tester.

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Ce n’est pas du tout de la manipulation. C’est de l’adaptation parentale. Votre enfant va peut-être finir par comprendre, un jour, que c’est vous qui mettez en route le minuteur, donc que maman-qui-gesticule-en-devenant-toute-rouge et minuteur-qui-sonne proviennent d’une seule et même tentative de contrôle… Il faut espérer qu’à ce stade, il ne mettra plus de couches.

 

5. Le sans-couche

S’il ne veut plus être changé, c’est peut-être tout simplement qu’il ne veut plus mettre de couches. D’ailleurs, à son âge, la fille du cousin de la voisine était propre depuis longtemps… Qu’est-ce que vous attendez ? Feignasse !

 

6. Jeux

Mettez en place des jeux pendant le changement de couche. C’est une autre manière de se connecter à lui. Par exemple, vous pouvez jouer à vous regarder droit dans les yeux, et le premier qui détourne le regard a perdu. Par contre, attention, soyez très clair sur les règles du jeu : uriner sur son adversaire, c’est de la triche.

 

7. Jouets

Ayez un jouet qu’il adore, et dont il ne se lasse pas, à disposition à chaque changement de couche. Le tout est de jouer sur la surprise. Le must du must, c’est d’avoir une armoire à jouets spécialement dédiée aux changements de couche. Pour le coup, ça peut foutre en l’air tous vos élans minimalistes… Il faut savoir ce qu’on veut.

 

8. Autonomie

C’est Maria Montessori qui le dit : montrez à un enfant comment faire, puis laissez-le faire. C’est le principe du moatouseul. Ça marche, c’est respectueux, bienveillant, et le jeune enfant devient « vite » très épanoui et très en avance pour son jeune âge (et effet secondaire pratique pour briller en société, il saura faire des divisions à 4 ans). En prime, on peut aller se siroter une bière peinard pendant que le jeune enfant se démerde moatouseul en étant heureux de lui-même.

Le tout est de le guider les premières fois, et ensuite, ça se mettra en place naturellement et avec joie. Prendre une lingette. Enlever le pantalon. Un scratch. L’autre scratch. Oh, un caca ! Dans les toilettes. NON ! DANS LES TOILETTES ! Ok, on ramasse. On reprend la lingette. Sur les… NON PAS DANS LA BOUCHE  !!!

 

9. Bulles

Avez-vous remarqué à quel point les jeunes enfants adorent les bulles de savon ? Les bulles ont une fonction relaxante et hypnotique. Ayez donc une machine à bulles à portée de main à chaque fois que vous devez le changer. Cependant, changer un bambin d’une main tout en tenant une machine à bulles de l’autre, puis souffler dedans sans que ça ne finisse en pauvre éclaboussure ratée… c’est périlleux.

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Le mieux est donc de faire office de machine à bulles vivante. Mais si, vous savez. Avec votre bave. Les enfants ADORENT. Sans vouloir faire de sexisme réducteur (mais en en faisant quand même), c’est souvent une fonction que les papas remplissent à merveille. Personnellement, j’ai des compétences très réduites en fabrication de bulles avec ma bave, alors je demande à mon mari. S’il n’est pas disponible, je trouve toujours un volontaire prêt à m’aider. Allez-y, la prochaine fois, essayez, demandez aux passants dans la rue de vous faire des bulles avec leur bave, vous serez étonné. Les gens sont toujours ravis d’aider. Tout le monde aime se sentir utile et apporter sa contribution à la paix dans le monde. L’humanité a un véritable bon fond, quand on ose y croire et demander de l’aide sans peur du jugement.

 

10. Le y’a quoi dans ta couche

Un truc qui fonctionne 1 fois sur 10 pour moi, soit un score particulièrement excellent, c’est de jouer à deviner ce qu’il y a dans sa couche pour que mon fils ait envie de regarder dedans et accepte de l’enlever. Encore une autre manière de le manipuler se connecter à lui. Qu’est-ce qu’il y a dans ta couche ? Un caca… vert ? Un caca… bleu ? C’est l’occasion d’utiliser le changement de couche comme outil pédagogique, pour réviser les couleurs par exemple, ou tout autre élément du programme éducatif des bambins. Un caca… carré ? Un caca… triangle ? Un caca… hypoténuse ? Un caca… Wolfgang Amadeus Mozart ?

Ne sous-estimons jamais nos bambins. Tout est matière pour eux à apprendre et à s’extasier du monde complexe et plein de merveilles qui les entoure.

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J’avais juste envie de finir sur une touche de mignonnerie.

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