10 trucs pour gérer la crise de colère d’un petit enfant

Comment faire face à la crise de colère d’un bambin ? Comme tout parent, j’ai eu moult occasions d’expérimenter l’impuissance de ne pas savoir comment gérer tant de rage…

Il y a quelques semaines, le magazine MARC votre coach magazine m’a proposé d’écrire un article sur ce sujet (dans le MARC n°6 à paraitre très bientôt). J’ai accepté avec plaisir, mais avec tout de même une certaine appréhension… Euh, je sais comment gérer la colère d’un petit enfant, moi ?

Finalement, j’ai réussi à puiser dans ma grande sagesse maternelle pour trouver des 10 trucs bienveillants et constructifs à dire sur le sujet. Vous comprendrez que j’ai néanmoins dû rester un minimum sérieuse pour l’écriture de cet article. Un minimum.

Gérer la colère d'un bambin avec bienveillance et sans se faire mordre.

 

1. Accepter

La première étape est d’accepter que l’enfant soit en colère, sans le juger. L’expression de sa colère est un phénomène sain et souhaitable. Si, si. Ne nous fions ni aux tentatives de morsure de notre tibia, ni aux décibels. La colère est une émotion. Un enfant a besoin d’exprimer toutes ses émotions. Sinon, elles restent à l’intérieur, et ce n’est pas tip-top-cool, si l’on en croit les spécialistes de l’enfance, les consultants en développement personnel, et autres gastro-entérologues. Alors ne minimisons jamais la colère d’un enfant. Ne l’ignorons pas. Ne la tournons pas en ridicule. Toute colère est valide, quelle qu’en soit la raison. Oui. Tout être humain a le droit de se sentir agressé dans son espace vital quand on l’empêche de tester le croustillant et gluant à la fois d’un escargot vivant.

 

2. Accompagner

La colère est une émotion difficile à vivre et à gérer. Elle est l’expression d’une souffrance, d’un besoin non comblé, d’une frustration… Pendant une crise, un enfant a besoin de la présence d’un adulte bienveillant. D’ailleurs, avez-vous remarqué comme un enfant peut être capable d’être tout mignon de mignonnitudes en compagnie d’autres personnes, et exploser systématiquement lorsqu’il se retrouve à la maison seul avec son parent ? C’est aussi normal que souhaitable, même si cela peut être décourageant pour le parent : cela signifie que l’enfant attend de se sentir en sécurité pour décharger ses émotions. Réjouissons-nous, s’il se met en colère avec nous, c’est que nous sommes sa sécurité, et qu’il a confiance en nous pour l’accueillir et l’aider. Notre rôle est de l’accompagner, de l’écouter. Comment ? Le mieux reste encore d’être à ses côtés, de lui montrer et lui dire qu’on est là, disponible et présent.

 

3. Voir au-delà du prétexte

N’est-il pas légèrement disproportionné de se rouler par terre pour un morceau de pain coupé vers le haut au lieu de vers le bas ? D’ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire, couper du pain vers le haut ? Ne cherchons pas forcément à comprendre. Il y a des moments où quoi que nous lui donnions, notre enfant nous le renverra à la figure. Dans ces moments, c’est parce qu’il a besoin de décharger, et qu’il utilise n’importe quel prétexte pour le faire. Pleurer, hurler, voire mordre (autre chose qu’un tibia ou un escargot, c’est mieux), sont des manières d’extérioriser un mal-être. Les études le montrent, lorsque nous pleurons, nous évacuons des hormones de stress dans nos larmes, et nous nous sentons ensuite mieux. Pleurer est thérapeutique, c’est un outil de régulation psychique puissant qui nous aide à surmonter les traumatismes. Notre enfant peut avoir vécu une situation douloureuse dans le passé, dans laquelle il s’est senti impuissant, et qu’il cherche encore à évacuer. Cela peut aller aussi loin qu’un accouchement traumatique… Courage.

enfant se cache

 

4. Ne pas étouffer

Accompagner la colère ne signifie pas la faire taire. Une fois que nous avons compris le principe essentiel de décharge d’une émotion chez l’enfant, nous arrivons plus facilement à réfréner l’envie parfois irrépressible de lui proposer un m&m’s pour lui redonner le sourire, ou une glace bio végane sans sucres ajoutés (version pour bonne conscience, à éviter tout autant).

 

5. Des limites calmes

Accepter et accompagner la colère ne signifie pas qu’il faille accepter tous les comportements. Évidemment, les tibias sont des zones sensibles qu’il convient de protéger. Aucun parent ne souhaite inculquer comme valeurs à son enfant qu’il est convenable de croquer la jambe du voisin à la moindre contrariété. Les limites doivent être claires, et surtout, posées calmement. La violence physique, les cris, le chantage, les punitions, la moquerie, ne sont pas des poses de limites, ce sont des rapports de force. Haha, plus facile à dire qu’à faire (#HaHaPFADQF), je sais, je sais. J’y reviendrai…

 

6. En amont : mieux vaut prévenir que guérir

La colère est certes une réaction saine, l’expression d’une émotion inconfortable, elle n’est pas non plus nécessaire à tous les coups. Ne tombons pas dans le travers de couper volontairement le pain dans le mauvais sens, chaque matin, exprès pour le faire exploser afin qu’il règle ses problèmes d’accouchement traumatique…

Il y a des conditions favorisant la génération et l’explosion d’émotions intenses incontrôlables chez l’enfant. Le manque de sommeil, le taux de sucre dans le sang qui chute, le non-respect systématique de son besoin d’explorer son environnement à son rythme… Chaque fois que cela est possible, respectons son rythme. Comment ? Ah… Bonne question. Il va falloir tâtonner un peu là, je le crains (#HaHaPFADQF). L’essentiel est, je crois, dans l’observation de notre enfant. Mettons-nous à son niveau. Prenons le temps. Donnons-lui un maximum d’attention positive.

Exemple concret : notre progéniture insiste pour suçoter un gastéropode à coquille. Au lieu de le lui arracher des mains, accroupissons-nous à ses côtés, faisons taire notre dégout à la vue de tout ce visqueux vivant, concentrons-nous sur la magie de la vie sous toutes ses formes, expliquons calmement que l’escargot a sa volonté de vivre sans se faire mâchouiller qui lui est propre… Et le cas échéant, acceptons la crise de colère qui s’en suit quand même.

escargot enfant

– Une petite faim ? – Je peux pas, chuis végane. – Olala, quelle extrémiste…

 

7. En aval : mettre des mots

Il peut être utile de reparler de l’évènement, et de mettre des mots sur ses ressentis lorsqu’il était en colère, éventuellement en rejouant la scène. Un petit enfant ne contrôle pas sa colère, c’est une émotion très intense, et il peut être déroutant de se sentir hors de soi. Sans tomber dans la psychanalyse, en reparler après coup peut l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent, et le rassurer.

Attention, cependant : il faut attendre que l’épisode colérique soit fini. Lorsqu’il est en proie à son émotion intense, les mots ne servent à rien. Discuter de son envie de mordre, et de ce que cela lui fait à l’intérieur, alors qu’il a déjà un tibia entre ses crocs, n’est pas approprié.

 

8. Respirer

Enseignons à nos enfants à respirer. Comment ? Euh, je ne sais pas. Les cours de sophrologie pour moins de 5 ans, ça existe ? Ou alors en lui montrant l’exemple, peut-être ? Passons donc au point 9.

 

9. Montrer l’exemple

Lorsque nous-mêmes nous mettons en colère devant nos enfants, appliquons toutes les techniques ci-dessus : acceptons notre colère, accueillons-la, respectons les limites en retenant notre violence envers autrui (#HaHaPFADQF), respirons profondément, mettons ensuite des mots sur ce qu’il s’est passé… Si l’on s’en tient au postulat que l’enfant apprend par imitation, cela lui donnera des clés pour gérer sa propre colère. Sauf que cela sous-entend de se mettre en colère devant son enfant… Donc par imitation l’enfant va apprendre à réagir à la contrariété par la colère… On se mord la queue, là. Ouille. Ça fait encore plus mal que le tibia.

Il est certain que dans le monde idéal des parents parfaits, conscients et bien dans leurs baskets, les parents ne se mettent pas en colère devant leurs enfants. Pourtant… On ne fait jamais exprès d’être en colère, et cela s’applique autant à nos enfants qu’à nous-mêmes. Ce qui m’amène au dernier point.

 

10. Travailler sur soi

Nous avons chacun un bagage émotionnel plus ou moins chargé, mais la plupart des parents connaissent des pétages de plomb à leur échelle, et la culpabilité qui s’en suit. C’est vrai, quoi, comment accepter et accueillir l’émotion de son enfant, si la colère a toujours été une émotion interdite quand nous étions enfants ? Comment se retenir de fourrer un m&m’s dans la bouche de notre enfant dès qu’il pleure, si le voir pleurer engendre chez nous des palpitations ? Comment enseigner à notre enfant à respirer et à se détendre, si nous sommes crispés et sans aucune volonté de nous décrisper parce que OUI MAIS JE VAIS LUI FAIRE COMPRENDRE DE QUEL BOIS JE ME CHAUFFE ?

Pour savoir gérer les émotions d’un petit enfant sans cris ni m&m’s, il n’y a pas le choix, il faut travailler sur notre propre gestion des émotions.

Souvenons-nous aussi que nous aurons beau être le plus bienveillant et équilibré parent de la Terre, si nous ne prenons pas soin de nous (à commencer par le sommeil et l’alimentation, mais aussi du soleil, de l’exercice, des relations enrichissantes, des projets épanouissants, etc), il nous sera très difficile de gérer nos émotions sans nous sentir envahis et désespérés. Il n’y a aucun secret, le corps et l’esprit sont liés. Parfois, lorsque nous nous sentons submergés par nos émotions, ce dont nous avons besoin, tout comme nos enfants, est d’une bonne nuit de sommeil (#HaHaPFADQF), d’une balade dans la nature, et d’un gros câlin (à défaut, on peut se le faire à soi-même)… Quant aux m&m’s… De mon côté, je penche plutôt pour la glace bio végane sans sucres ajoutés !

calin chat

Free cat hug, peace and love, miaou.

 

Pour aller plus loin, un de mes livres de référence sur le sujet : Bien comprendre les besoins de votre enfant, d’Aletha Solter.

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